Enfants, Ruminations

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Perte de poids

Motivation

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Même le dimanche de Pâques, j’ai fait une heure de cardio

La première question à se poser quand on veut perdre du poids, c’est pourquoi on veut maigrir. C’est ce qui peut nous motiver quand on a envie de laisser tomber ( des écarts ponctuels ne sont pas tragiques; le tout est de retourner à une alimentation saine après des excès éventuels).

Pourquoi je veux me séparer de mes kilos:

– je veux éviter que mon pré-diabète ne se transforme en diabète.

-pour soulager mon dos ( hernie discale)

-rester en bonne santé pour voir grandir mes filles

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– cuisiner et manger sainement pour que mes filles en fassent de même plus tard.

– pour emmerder ceux qui pensent que je vais me planter

-pour avoir l’air plus soignée et plus professionnelle

-j’aimerais pouvoir trouver des vêtements à ma taille partout et pas seulement chez Paprika ou Ulla Popken

– pour transpirer moins en été car cela me met mal à l’aise

-maintenant, quelle que soit la saison, je suis obligée de porter des leggings sous mes robes pour éviter que mes cuisses ne frottent l’une contre l’autre; j’aimerais savoir ce que ça fait de marcher sans ce frottement désagréable.

– je veux être une maman sexy et pas une source de risée à la porte de l’école ( oui, les enfants sont cruels).

– si mes pieds sont moins gonflés, j’aurai plus de choix dans les modèles de chaussures; si je ne suis plus obèse, j’aurai plus de choix dans les hommes 🙂 mes possibilités de shopping augmenteront dans tous les domaines…

-pour montrer qu’on peut déjà changer grâce à un mode de vie sain; je voudrais dissuader d’autres rondes d’avoir recours à des moyens douteux ( gélules, barres protéinées, substituts de repas, poudres, coupes-faim…).

 

 

 

 

Série

Taboo

Je viens à peine de terminer de regarder la saison 1 de Taboo et je suis déjà en manque. Pourtant, je devrai prendre mon mal en patience car la saison 2 n’existe pas encore. Au total, la BBC prévoit 3 saisons retraçant les mésaventures de James Delaney et son équipe d’aventuriers maudits. Une partie d’entre eux a d’ailleurs péri au terme de la 1ère saison mais tant que je n’aurai pas vu le cadavre de Zilpha, je ne croirai pas en sa mort; au pire, elle sera un fantôme qui reviendra hanter James dans le Nouveau Monde.

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Zilpha ( Oona Chaplin)

L’amour incestueux entre James et sa demi-soeur Zilpha est l’une des trames de la saison 1. L’histoire commence en 1814, quand Delaney revient à Londres au bout de 10 ans d’absence pour enterrer leur père, mort dans des conditions mystérieuses, probablement empoisonné. Malgré le temps écoulé, la passion de James pour Zilpha est toujours aussi forte.

James Delaney hérite de l’entreprise familiale et d’un bout de terre situé au large de la Colombie britannique; Nootka est convoitée à la fois par les Américains, la Couronne anglaise et la toute puissante Compagnie des Indes orientales; autant d’ennemis qui veulent attenter à sa vie et qu’il dressera les uns contre les autres.

Nootka occupe une place stratégique dans les affrontements entre les anglais et les américains; c’est aussi la porte du commerce avec la Chine, une route convoitée par la machiavélique Compagnie des Indes. James se joue de ses trois ennemis avec un sang-froid surhumain. Il a toujours 3 longueurs d’avance sur les comploteurs à la petite semaine qui essaient de s’approprier le traité de Nootka qu’il ne leur cédera en aucun cas. James veut lui-même partir à la découverte de Nootka, la terre d’origine de sa mère qui a sombré dans la folie ( son père aurait acheté à la fois la femme et l’île).

Pour se rendre à Nootka, James Delaney a besoin d’un bateau et de poudre à canon. La recherche d’un bateau et la confection de la poudre par un étrange chimiste qui viendra compléter l’équipage incongru, constituent l’un des fils rouges reliant les 8 premiers épisodes. Au moment d’embarquer, James et ses complices sont pris d’assaut par des soldats de l’armée royale. Tout le monde n’en sortira pas indemne…

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Dans la saison 1, la Tamise est un personnage à part entière. L’eau est omniprésente. De l’oeil-de-boeuf de la mansarde où James a élu domicile dans la maison paternelle, il passe son temps à guetter le fleuve. C’est aussi dans la Tamise que Zilpha va se jeter quand James ne voudra plus d’elle (j’ai regardé cet épisode juste après que Jason me quitte pour la 13eme fois et cela m’a donné des idées noires que j’ai combattues).

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La série est portée par le personnage de James Delaney ( incarné par Tom Hardy) dont le caractère m’a fascinée par son dédain extrême pour l’opinion d’autrui. Quand il s’adresse à quiconque, sa phrase d’introduction est généralement: « I havre a use for you » ( qui dans les sous-titres français est gentiment traduit par  » j’ai une mission pour vous »). Ce qu’il veut dire, c’est: tu vas m’être utile, tu vas servir mes noirs desseins puis je te broierai. Si tu me trahis, je t’eviscère vivant puis je mangerai ton coeur.

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A voir si on aime les séries historiques, les costumes du 19ème siècle, les intrigues et les complots, les personnages à l’ego démesuré, la passion et les trahisons. Ou tout simplement si on a envie de voir le corps nu et tatoué de Tom Hardy.

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Livres

HHhH

Quand j’ai acheté « HHhH » à la librairie Kleber, j’avais quelques appréhensions. Je craignais qu’il ne s’agisse d’un énième « livre sur les nazis », propre à faire saliver les sous-fifres d’un parti que je ne citerai plus.  Ou alors un ouvrage historique vaguement ennuyeux, bien documenté sur le 3ème Reich, rédigé par un français premier de classe qui comme tous les bons élèves aurait pris l’option allemand deuxième langue mais qui serait incapable de comprendre les réalités de l’Europe centrale.

J’avais en quelque sorte acheté « HHhH » par nostalgie puisque l’attentat contre Heydrich a lieu à Prague alors qu’il n’y a plus de place pour Prague dans ma vie actuelle. Ce n’est pas 1942 que je cherchais dans le livre mais moi-même en 2008. J’ai arrêté de lire frénétiquement  vers 2010 ( à part les courriers d’avocats relatifs à la garde de ma fille aînée ) et je ne connaissais ni l’auteur ni le roman.

Ce n’est ni « un livre sur les nazis » ni un roman historique ( malgré son côté surdocumenté). L’auteur alterne les passages consacrés à la genèse du roman et des épisodes de la biographie de Heydrich. Il plante aussi le décor historique de l’attentat: la Tchéquie devenue un protectorat allemand dans la foulée de l’annexion des Sudètes, la Slovaquie ravalée au rang de satellite nazi. Dans les années 30′, toutes les rancoeurs liées au démembrement de l’empire austro-hongrois refont surface.

Au début, j’avais des réticences sur le procédé: on saute sans cesse de la réalité du narrateur ( fin des années 90′, début des années 2000′) à la carrière de Heydrich et aux prémisses de la seconde guerre mondiale. Je n’accrochais pas. Du moins, je pensais que je n’accrochais pas. Puis je me suis levée à 5h du matin un jour de congé pour poursuivre la lecture de l’ouvrage entamé la veille.

Contrairement à ce que je croyais, c’est pour l’évaluation des sources allemandes que l’auteur s’est fait aider; il a vécu en Slovaquie et à passé plus de temps à Prague que moi. A la page 107 de l’édition poche, il précise que « La Tchécoslovaquie est le pays qu’il aime le plus au monde » ( nous voilà rassurés, les signes diachritiques ne seront pas oubliés).  Oui, il est au courant que ce pays n’existe plus, on l’a tué deux fois, la première en 1938 avec la complicité active du Royaume-Uni et de la France ( peut-on vraiment reprocher aux « nouveaux pays membres » de chercher leur salut dans l’Atlantisme ?). Le narrateur s’interroge sur la manière de relater ce que les documents historiques ne disent pas. Faut-il inventer des dialogues? Comment les rendre crédibles? Histoire documentée et procédés de narration se mêlent sans cesse. Je comprends qu’il ne faudra pas voir le film car il sera incapable de rendre cet enchevêtrement.

Parfois même quand il dispose de la transcription du dialogue tel qu’il fut relaté par un témoin, il s’empresse d’en inventer une version alternative qui lui semble mieux coller au personnage de Heydrich pour ensuite se reprocher immédiatement cette liberté qu’il a prise.  Ses virevoltes me donnent le tournis. Travestir la vérité pour mieux s’approcher de l’essence de son « personnage principal ». Puis culpabiliser de l’avoir fait et dévoiler le stratagème. Rétablir les faits mais pour qu’ils cohabitent avec la version alternative. Le lecteur choisira ( ou aura l’illusion de choisir). Les remords du narrateur sont d’ailleurs loin d’être partagés par l’auteur, sinon il aurait pris sa gomme. Il fusionne histoire et fiction tout en s’en défendant et en s’en excusant. Ce qui est encore un stratagème. Il aurait pu faire plus court et se contenter de la description pléonastique « Heydrich était un con dangereux » mais ça n’aurait pas fait un roman.

L’auteur connaît son sujet â fond. Cela tourne à l’obsession quand il fait remarquer à sa compagne que sa soeur se marie le même jour que l’attentat contre Heydrich. Il ne sera pas invité au mariage. Sauf que l’anecdote se rapporte au narrateur et pas nécessairement à l’auteur. On débattra une autre fois de la différence entre les deux; il faut maintenant s’intéresser aux auteurs de l’attentat qui tardent à entrer en scène « pour faire une impression plus durable », dit le narrateur.

Vers le milieu du livre, après le parachutage des résistants Gabčik et Kubiš dans les environs de Prague, je n’ai plus envie d’en continuer , peut-être parce que je connais le dénouement inéluctable: l’assassinat de Heydrich ( dont je me réjouis) mais surtout le massacre de Lidice ( et de milliers d’autres civils tchèques).

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En mémoire des enfants de Lidice.

Lidice fait partie de la mémoire collective tchèque. Je connaissais le nom du village éradiqué mais pas ceux des auteurs de l’attentat. Les commanditaires ( réfugiés à Londres), savaient qu’il y aurait des représailles « dignes » du rang de la bête éliminée ( Heydrich était le bras droit d’Himmler et l’un des auteurs de la solution finale). Ils ont dû se dire qu’on ne fait pas d’omelettes sans casser d’oeufs; de toute façon, la population tchèque souffrait déjà sous la férule nazie. Près de 75 ans plus tard, le seul attentat réussi contre un haut dignitaire nazi continue à fasciner. Mais pour les Tchèques, le jeu en valait-il la chandelle?

Transposé dans la logique de notre époque, cela donnerait le dilemme suivant: éliminer un des dirigeant de l’état islamique en acceptant les attentats qui en seront la conséquence inévitable. Pourtant, c’est le genre de décisions que nos dirigeants prennent pour nous en cautionnant ou en intervenant en Syrie ou dans des conflits ailleurs dans le monde. On n’a pas demandé l’avis des habitants de Lidice ni celui des voyageurs morts ou mutilés à Zaventem et à Maelbeek.

Face à ces enjeux qui me dépassent, tout ce que je peux faire, c’est mettre une autre pipette dans le nez de mon bébé enrhumé. C’est mieux que de la laisser manger ses « snottebel » pendant que je cherche des photos de Lidice sur Wikipedia. Peut-être que je terminerai le livre, ne fût-ce que pour connaître le positionnement moral de l’auteur.

 

 

Livres

Walter Benjamin, tais-toi !

Ce qui m’a le plus choquée dans ce livre, c’est la dernière phrase « Walter Benjamin, tais-toi!, une phrase que quelqu’un avait écrite l’année dernière sur son mur Facebook, à la date anniversaire des attentats du 22 mars 2016, qui lui ont coûté une jambe et sa vie d’avant. On ne voulait plus l’écouter car on n’était pas près à entendre ce qu’il avait à dire. Mais il ne s’est pas tu pour autant; cette fois, il s’est exprimé dans un livre: « J’ai vu la mort en face », publié 2 ans après l’attentat qui l’a rendu handicapé.

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Tout d’abord, ce n’est pas un livre d’écrivain mais un témoignage à vif que l’auteur a commencé à rédiger pendant son hospitalisation. On découvre ses blessures atroces et douloureuses; on suit ses opérations et sa rééducation. Les médias s’intéressent à lui; en raison de son amitié avec Hassan qui lui a sauvé la vie, Walter Benjamin devient le porte-parole de l’anti-amalgame. Il va à la rencontre de « Molenbeek ».

L’amitié entre « la victime juive » et  » le sauveur musulman » est largement médiatisée; c’est le genre d’histoire qui fait chaud au coeur. Mais quand Walter Benjamin utilise sa « notoriété  » payée de son sang pour faire passer un autre message ( les politiques n’ont pas pris leurs responsabilités, ni avant, ni après les attentats), on n’a subitement plus envie de lui accorder une tribune.

La rééducation physique, quoi que pénible, est linéaire: sa condition physique s’améliore de semaine en semaine. Il en va autrement du moral, davantage en dents de scie: au cours des 12 mois décrits dans le livre, il connaît le réconfort de l’amitié, l’exaltation amoureuse, le sentiment d’abandon ( tant par certains de ses proches que par les autorités), l’espoir, l’amertume, la colère, la joie d’être en vie.

Le livre se termine sur un constat dur et lucide:

5975433_1-0-433582737Mais les gens ne sont pas prêts à ce que quelque chose change. Je crains fort que survienne un autre 13 novembre, un autre 22 mars, un autre 14 juillet, et tout recommencera. Les chaînes de télé s’empareront du sujet, les gens pleureront tous ensemble, ils allumeront des petites bougies, déposeront des fleurs et des nounours, on sera tous frères, on fera des commémorations, mais rien ne changera. Walter Benjamin, tais-toi !